Comment obtenir un permis de travail au Canada : EIMT, permis ouvert, frais et étapes (2026)
Offre d'emploi, EIMT ou dispense, permis ouvert ou fermé, 155 $ de frais, biométrie, délais : la demande de permis de travail au Canada en 2026, puis la RP.

Pour obtenir un permis de travail au Canada, il faut dans la plupart des cas une offre d'emploi d'un employeur canadien, une étude d'impact sur le marché du travail (EIMT) ou une dispense d'EIMT, puis une demande en ligne à IRCC avec 155 $ de frais, vos données biométriques et vos documents. Le « visa de travail » que beaucoup cherchent n'existe pas sous ce nom : le document qui autorise à travailler s'appelle un permis de travail, et le visa ou l'autorisation de voyage qui permet d'entrer au pays est délivré avec lui. Voici les étapes, les deux grandes familles de permis, les coûts, les changements de 2025-2026 et la façon dont ce permis s'inscrit dans le chemin vers la résidence permanente puis la citoyenneté.
Permis fermé ou permis ouvert : la première question
Un permis de travail fermé, dit « lié à un employeur donné », vous autorise à travailler pour un seul employeur, à un poste et dans un lieu précis. C'est le permis classique, obtenu grâce à une offre d'emploi. Un permis de travail ouvert vous laisse travailler pour presque n'importe quel employeur au Canada, sans offre préalable. Il est réservé à des situations définies : conjoint de certains travailleurs qualifiés ou étudiants, diplômé d'un établissement canadien (permis de travail postdiplôme), demandeur de résidence permanente dans certains programmes, personne en situation vulnérable, entre autres. Depuis janvier 2025, les permis ouverts pour conjoints sont restreints aux conjoints de travailleurs occupant des postes de gestion ou hautement qualifiés et aux conjoints d'étudiants de maîtrise longue ou de doctorat.
Étape 1 : l'offre d'emploi et l'EIMT
Tout part de l'employeur. Pour embaucher un travailleur étranger, il doit en général demander une étude d'impact sur le marché du travail à Emploi et Développement social Canada. L'EIMT prouve qu'aucun Canadien ou résident permanent n'était disponible pour le poste ; elle coûte 1 000 $ par poste, à la charge exclusive de l'employeur, et exige qu'il ait affiché l'offre pendant au moins quatre semaines. Le traitement se compte en semaines ou en mois selon le volet, haut salaire ou bas salaire, dont les seuils sont fixés par province et révisés régulièrement. Depuis 2024, les demandes du volet bas salaire sont refusées dans les régions métropolitaines où le taux de chômage atteint 6 % ou plus.
Beaucoup de postes sont dispensés d'EIMT, dans le cadre du Programme de mobilité internationale : professionnels de l'ACEUM venus des États-Unis ou du Mexique, transferts intra-entreprise, accords de libre-échange, permis liés à un avantage important pour le Canada, jeunes du programme Expérience internationale Canada, chercheurs, entre autres. L'employeur dépose alors son offre dans le portail des employeurs d'IRCC et paie des frais de conformité de 230 $. Le numéro d'offre d'emploi qu'il reçoit est la pièce que vous joindrez à votre demande.
Étape 2 : votre demande de permis de travail
- Créez un compte IRCC et remplissez la demande en ligne ; la demande papier reste l'exception.
- Réunissez vos documents : passeport valide, offre d'emploi et numéro d'EIMT ou d'offre dispensée, preuves de vos qualifications et de votre expérience, photo numérique, preuve de fonds si demandée, et selon les cas un examen médical ou un certificat de police.
- Payez les frais : 155 $ de traitement, plus 100 $ pour un permis ouvert et 85 $ pour la biométrie (170 $ maximum par famille).
- Donnez vos données biométriques dans un centre de réception des demandes de visa, dans les 30 jours suivant la lettre d'instructions.
- Attendez la décision : de quelques semaines à plusieurs mois selon le pays de dépôt et le type de permis ; l'outil des délais de traitement d'IRCC donne l'estimation courante.
Si vous êtes déjà au Canada avec un statut valide, vous pouvez demander le permis de l'intérieur du pays, et dans certains cas travailler dès l'accusé de réception en attendant la décision. Si vous êtes à l'étranger, la lettre d'introduction reçue à l'approbation est présentée à l'agent frontalier, qui imprime le permis à votre arrivée. Les citoyens américains et mexicains admissibles à un permis ACEUM peuvent même faire toute la démarche au poste frontalier.
Ce que le permis de travail n'est pas
Un permis de travail est un statut temporaire, valable en général de un à trois ans, renouvelable tant que les conditions sont remplies. Il ne donne ni la résidence permanente, ni le droit de vote, ni l'accès automatique à l'assurance maladie provinciale, qui dépend de chaque province et souvent de la durée du permis. Il est aussi lié à sa condition : perdre l'emploi sur un permis fermé oblige à en demander un autre ou à changer de statut avant l'expiration. Enfin, il ne compte qu'à moitié pour la citoyenneté : chaque jour passé au Canada comme travailleur temporaire vaut une demi-journée dans le calcul des 1 095 jours, jusqu'à un maximum de 365 jours, comme l'explique notre article sur la condition de présence effective.
Du permis de travail à la résidence permanente
C'est la raison d'être de la plupart des permis de travail : accumuler une expérience canadienne qualifiée, la monnaie la plus recherchée des programmes d'immigration. Après un an d'expérience à temps plein dans un poste qualifié, vous devenez admissible à la catégorie de l'expérience canadienne d'Entrée express, et les programmes des candidats des provinces privilégient de plus en plus les travailleurs déjà en poste chez un employeur local. Le plan des niveaux d'immigration 2026-2028 vise 380 000 nouveaux résidents permanents par an, en réservant une part croissante aux personnes déjà au Canada. Notre guide comment obtenir la résidence permanente au Canada décrit ces voies.
Une fois résident permanent, le compte à rebours vers la citoyenneté commence pour de bon : 1 095 jours de présence sur cinq ans, en comptant vos jours de permis de travail pour moitié, puis la demande, le test et le serment, décrits dans notre guide comment devenir citoyen canadien. Un travailleur arrivé avec un permis en 2024, résident permanent en 2026, peut ainsi viser la citoyenneté vers 2028. Le vocabulaire de ces statuts, immigrant reçu, résident permanent, immigrant de première génération, est démêlé dans notre article immigrant reçu, résident permanent, première génération : qui est quoi.
Les erreurs qui font refuser une demande
- Une offre d'emploi sans EIMT ni numéro d'offre dispensée : sans l'un des deux, la demande est irrecevable.
- Un poste qui ne correspond pas à votre profil : diplôme ou expérience en décalage avec la profession visée.
- Des fonds ou un billet de retour absents quand l'agent doute que vous quitterez le Canada à l'expiration du permis.
- Un examen médical manquant pour les emplois en santé, en éducation ou en garde d'enfants, ou après un séjour de six mois dans certains pays.
- Des fausses déclarations, même involontaires, qui entraînent une interdiction de territoire de cinq ans.
Ce qu'il faut retenir
- Pas de « visa de travail » au Canada : un permis de travail, fermé (offre d'emploi + EIMT ou dispense) ou ouvert (situations définies).
- Coût : 155 $ par personne, 100 $ de plus pour un permis ouvert, 85 $ de biométrie ; l'EIMT à 1 000 $ est payée par l'employeur.
- Demande en ligne dans votre compte IRCC ; à la frontière pour les professionnels de l'ACEUM.
- Statut temporaire qui compte pour moitié vers la citoyenneté ; le vrai tremplin, c'est l'expérience canadienne vers la résidence permanente.
Vous êtes déjà résident permanent et vous approchez des 1 095 jours ? Le test de citoyenneté est l'étape que vous pouvez préparer dès maintenant, gratuitement, avec nos examens blancs et nos quiz par chapitre.