La double citoyenneté au Canada : ce que vous devez savoir
Le Canada autorise la double et la multiple citoyenneté. Vous n'avez pas à renoncer à votre nationalité d'origine, mais vérifiez les règles de votre pays.

Le Canada autorise la double citoyenneté, et même la multiple citoyenneté, depuis 1977. Devenir Canadien ne vous oblige donc pas à renoncer à votre nationalité d'origine, du côté canadien : le Canada ne vous demande jamais de l'abandonner. La vraie question à vérifier ne concerne pas le Canada, mais votre pays d'origine, car ce sont ses lois qui décident s'il tolère, lui, la double nationalité. Cet article explique ce qu'est la double citoyenneté, la position du Canada, ce qui se passe quand vous êtes naturalisé, et les conséquences pratiques pour vos passeports, vos impôts et vos voyages. Pour les détails officiels canadiens, consultez canada.ca.
L'essentiel en bref
- Côté canadien : la double et la multiple citoyenneté sont permises depuis 1977.
- Aucune renonciation exigée par le Canada pour votre nationalité d'origine.
- Le vrai test : les lois de votre pays d'origine, pas celles du Canada.
- Certains pays retirent leur nationalité quand vous en acquérez une autre.
- Pour voyager : un citoyen canadien doit utiliser un passeport canadien valide pour prendre un vol vers le Canada.
- Le réflexe : vérifier auprès des autorités de votre pays avant de faire la demande.
Qu'est-ce que la double citoyenneté ?
La double citoyenneté, c'est le fait d'être reconnu comme citoyen par deux pays en même temps (et la multiple citoyenneté, par plus de deux). Chaque pays vous considère alors comme l'un des siens, avec les droits et les devoirs qui vont avec : voter, détenir un passeport, parfois payer des impôts ou accomplir un service. Vous n'êtes pas « à moitié » de chaque nationalité ; vous êtes pleinement citoyen des deux.
Cette double appartenance peut naître de plusieurs façons : par la naissance sur le territoire d'un pays, par la filiation quand un parent transmet sa nationalité, par le mariage dans certains pays, ou par la naturalisation, c'est-à-dire l'obtention volontaire d'une nouvelle citoyenneté. La plupart des personnes concernées au Canada le deviennent par naturalisation, en gardant la nationalité qu'elles avaient déjà. Il est aussi possible de cumuler plusieurs nationalités sans jamais l'avoir cherché, par exemple lorsqu'un enfant naît d'un parent d'un pays et sur le sol d'un autre. Dans tous les cas, le principe reste le même : chaque pays fixe seul les règles de sa propre citoyenneté.
Le Canada reconnaît-il la double citoyenneté ? Oui, depuis 1977
Du point de vue canadien, rien ne vous force à choisir. Depuis 1977, le Canada reconnaît que ses citoyens peuvent détenir une ou plusieurs autres nationalités. Il n'impose aucune limite à leur nombre et ne vous demande pas de prouver que vous avez abandonné votre passeport d'origine. Vous pouvez donc devenir citoyen canadien tout en restant, aux yeux de la loi, citoyen de votre pays de naissance.
C'est un point rassurant pour beaucoup de demandeurs, mais il ne raconte qu'une moitié de l'histoire. La citoyenneté est une relation entre vous et chaque pays concerné, et chacun applique ses propres règles. Le Canada dit oui de son côté ; il ne peut pas parler au nom des autres États. Autrement dit, la position canadienne vous protège d'un choix forcé au Canada, mais elle ne modifie pas ce que votre pays d'origine décide, lui, de faire de votre nationalité. C'est pourquoi la double citoyenneté se pense toujours à deux niveaux : ce que permet le Canada, et ce que permet l'autre pays.
Ce qui se passe quand vous devenez citoyen canadien
Quand vous êtes naturalisé, le Canada vous ajoute une citoyenneté sans en retirer aucune autre. À la cérémonie, vous prêtez le serment de citoyenneté et vous recevez votre certificat. Rien dans cette étape ne vous demande de renoncer à votre première nationalité, et le personnel ne vous réclame pas votre ancien passeport. Vous repartez citoyen canadien, tout en restant ce que vous étiez déjà.
L'admissibilité à la citoyenneté suit les mêmes conditions pour tout le monde : résidence, connaissance du pays, langue, et pour beaucoup de candidats l'examen de citoyenneté. Le fait de garder une autre nationalité ne change rien à ces exigences, ni à la façon dont votre demande est traitée. Vous ne signez aucun document de renonciation et vous n'avez pas à expliquer pourquoi vous conservez votre première citoyenneté. Vous pouvez vérifier votre situation dans notre guide sur l'admissibilité à la citoyenneté et vous entraîner avec les quiz par chapitre.
Passeports et voyages : la règle à connaître
Un citoyen canadien doit utiliser un passeport canadien valide pour prendre un vol vers le Canada. C'est vrai même si vous détenez aussi un passeport étranger : à l'embarquement d'un vol à destination du Canada, présentez votre passeport canadien. C'est la pièce qui prouve à la compagnie aérienne et aux services frontaliers votre droit d'entrer au pays. Pour connaître les règles à jour, voyez la page officielle sur les voyages en tant que double citoyen.
En dehors de ce trajet vers le Canada, la double citoyenneté offre plutôt de la souplesse. Selon les pays, vous pouvez entrer et sortir avec l'un ou l'autre de vos passeports, ce qui simplifie parfois les visas ou les files d'attente. Le bon réflexe est de vérifier, avant chaque voyage, quel passeport chaque pays s'attend à voir à ses frontières. Gardez aussi vos deux passeports valides et non expirés : un document périmé peut vous bloquer à l'embarquement, même si votre droit d'entrer n'est pas en cause. Un peu d'anticipation sur les dates de renouvellement évite bien des complications de dernière minute.
Impôts, aide consulaire et service militaire
La double citoyenneté peut créer des obligations dans plus d'un pays, surtout côté impôts et service. Au Canada, l'impôt repose sur la résidence fiscale plutôt que sur la seule nationalité : ce qui compte, c'est où vous vivez et où se situent vos liens. Mais certains pays imposent leurs citoyens où qu'ils vivent, ou maintiennent des obligations de déclaration même à l'étranger. Comme les règles varient beaucoup et changent parfois, faites confirmer votre situation par un fiscaliste ou par l'administration concernée plutôt que de deviner.
L'aide consulaire est un autre point à comprendre. Quand vous vous trouvez dans le pays de votre autre nationalité, ce pays vous considère souvent d'abord comme son propre citoyen, ce qui peut limiter la capacité du Canada à intervenir en votre faveur. Cela ne rend pas la double citoyenneté risquée, mais cela explique pourquoi il vaut mieux connaître à l'avance vos droits dans chaque pays. Avant un long séjour, repérez les coordonnées de l'ambassade canadienne la plus proche et gardez-les avec vos documents de voyage, au cas où vous auriez besoin d'aide sur place.
Enfin, quelques pays imposent un service militaire ou d'autres devoirs à leurs citoyens, y compris ceux qui vivent à l'étranger. Si votre pays d'origine a de telles obligations, elles peuvent continuer de s'appliquer même après votre naturalisation canadienne, et parfois se déclencher lors d'un simple séjour sur son territoire. Renseignez-vous auprès de ses autorités pour savoir ce qui vous concerne, surtout si vous prévoyez d'y retourner régulièrement ou d'y vivre une partie de l'année.
Triple citoyenneté et plus : y a-t-il une limite ?
Non. Le Canada autorise la triple citoyenneté, et davantage, exactement comme la double : la loi ne compte pas les nationalités. Un enfant né au Canada de parents de deux nationalités différentes peut détenir trois passeports dès la naissance, et un nouveau citoyen conserve toutes celles qu'il avait avant sa cérémonie. Ce qui augmente avec le nombre, ce sont les obligations : chaque pays peut exiger l'usage de son passeport à ses frontières, des impôts, un service militaire ou un enregistrement consulaire. Notre article combien de passeports peut-on avoir ? explique quel document présenter à quelle frontière, et le cas des Canado-Américains, seuls autorisés à voler vers le Canada avec un passeport américain, est détaillé dans notre article sur le visa américain pour les Canadiens. Les Américains qui envisagent de s'installer au nord ont un guide dédié : déménager des États-Unis au Canada.
Les situations à surveiller
Quelques cas méritent une vérification avant de faire votre demande, surtout si votre pays d'origine encadre strictement la nationalité :
- Votre pays retire sa nationalité automatiquement à qui en acquiert une autre : renseignez-vous avant, pas après.
- Vous avez des obligations non remplies dans votre pays d'origine, comme un service ou des impôts, qui pourraient poser problème lors d'un retour.
- Vous voyagez souvent vers le pays de votre autre nationalité, où vous serez traité comme son citoyen en priorité.
- Vos enfants pourraient hériter de plusieurs nationalités : vérifiez ce que chaque pays leur reconnaît.
Où vérifier la position de votre pays
La seule source fiable sur votre autre nationalité, ce sont les autorités de ce pays. Comme cette règle ne dépend pas du Canada, adressez-vous à l'ambassade ou au consulat de votre pays d'origine, ou à son ministère chargé de la nationalité, avant de déposer votre demande canadienne. Un simple courriel ou un appel suffit souvent à savoir si votre pays accepte la double nationalité.
Ce réflexe évite les mauvaises surprises et n'a aucun effet sur votre admissibilité canadienne, qui reste identique pour tout le monde. Notez par écrit la réponse qu'on vous donne, avec la date et le nom du service contacté : les règles de nationalité évoluent, et une trace claire vous sera utile plus tard. Pendant que vous rassemblez ces informations, vous pouvez déjà avancer sur la préparation du test avec un examen blanc gratuit et garder vos acquis à jour grâce à la révision intelligente.
La double citoyenneté n'est qu'un des atouts du statut canadien. Pour la vue d'ensemble, lisez notre guide sur les avantages de la citoyenneté canadienne, puis préparez le test avec un examen blanc gratuit.