Admissibilité et frais · 9 min de lecture · Par Julien Durand

Attribution de la citoyenneté ou naturalisation : quelle différence ?

Attribution, naturalisation, citoyenneté de naissance ou par filiation : ce que veulent dire ces termes au Canada, quel citoyen vous êtes et ce que cela change.

Un certificat de citoyenneté canadienne posé sur un bureau à côté d'un passeport canadien et d'un stylo

Au Canada, « attribution de la citoyenneté » (citizenship grant en anglais) est le terme officiel pour la citoyenneté accordée à une personne qui ne l'a pas de naissance, autrement dit ce que la plupart des gens appellent naturalisation. Les deux mots désignent la même réalité : un résident permanent qui remplit les conditions, dépose une demande, réussit le test et prête serment. À côté, il existe deux autres façons d'être Canadien, par naissance au pays et par filiation. Voici ce que chaque terme veut dire, lequel s'applique à vous, et les rares cas où la différence compte.

Les trois façons d'être citoyen canadien

La Loi sur la citoyenneté reconnaît trois voies principales. La première est la naissance au Canada : à quelques exceptions près, liées aux enfants de diplomates étrangers, toute personne née sur le territoire est citoyenne dès sa naissance. La deuxième est la filiation : un enfant né à l'étranger d'un parent canadien est citoyen de naissance, sous les conditions décrites plus bas. La troisième est l'attribution : le gouvernement accorde la citoyenneté, par décision, à une personne qui en fait la demande et remplit les conditions de la loi.

Les deux premières voies sont automatiques : on est citoyen sans l'avoir demandé, et le certificat ne fait que le prouver. La troisième est une procédure, avec des conditions, des frais, un test et un serment. C'est cette procédure que décrit notre guide comment devenir citoyen canadien, et c'est elle que vise ce site : le test de citoyenneté n'existe que pour l'attribution.

Ce que veut dire « attribution » (grant)

Le mot vient de l'article 5 de la Loi sur la citoyenneté : « le ministre attribue la citoyenneté à toute personne qui » remplit une liste de conditions. C'est donc un acte du gouvernement, pas un droit acquis à la naissance. Les conditions sont celles que vous connaissez : être résident permanent, avoir été effectivement présent au Canada au moins 1 095 jours dans les cinq ans précédant la demande, avoir produit ses déclarations de revenus quand la loi l'exige, prouver ses compétences linguistiques et réussir le test entre 18 et 54 ans, et n'être visé par aucune interdiction. Notre article sur les conditions d'admissibilité les détaille une à une.

Sur les formulaires d'IRCC, vous verrez le terme partout : « Demande de citoyenneté canadienne (attribution) », formulaire CIT 0002 pour les adultes, et son équivalent pour les mineurs. Les frais affichés sont ceux de l'attribution, soit 653 $ pour un adulte et 100 $ pour un mineur. Quand un document ou un agent parle de « votre demande d'attribution », il parle simplement de votre demande de citoyenneté.

Et « naturalisation », alors ?

Naturalisation est le mot historique et international. Avant le 1er janvier 1947, il n'existait pas de citoyenneté canadienne distincte : les habitants du pays étaient des sujets britanniques, et les immigrants devenaient sujets britanniques par naturalisation, sous la Loi de naturalisation. Le certificat qu'ils recevaient s'appelait certificat de naturalisation. La Loi sur la citoyenneté canadienne de 1947 a créé la citoyenneté canadienne et remplacé le vocabulaire : depuis, la loi parle d'attribution, et c'est le seul terme que vous trouverez dans les textes officiels.

Le mot n'a pas disparu pour autant. Aux États-Unis, on parle toujours de naturalization et de naturalization certificate ; au Royaume-Uni, de naturalisation as a British citizen. Beaucoup de Canadiens et de nouveaux arrivants utilisent donc naturalisation par habitude, et IRCC lui-même emploie parfois « citoyen naturalisé » dans ses explications grand public, notamment pour la citoyenneté par filiation. Retenez ceci : citoyen par naturalisation, citoyen naturalisé et citoyen par attribution désignent exactement la même personne. Aucun document canadien ne porte le mot naturalisation depuis 1947, sauf les certificats d'avant cette date, qui restent valables.

« Grant » n'est pas une subvention

Une confusion fréquente chez les anglophones mérite une mise au point. En anglais, grant désigne aussi une subvention, et certaines personnes cherchent un « citizenship grant » en espérant une aide pour payer les frais. Il n'y en a pas au Canada : les frais d'attribution restent à la charge du demandeur, il n'existe ni dispense pour faible revenu ni programme de financement fédéral pour une demande ordinaire. Le droit de citoyenneté de 123 $ est remboursé si la demande est refusée ou retirée, mais c'est tout. Les seules aides possibles sont locales : quelques organismes d'aide aux nouveaux arrivants offrent un accompagnement gratuit pour remplir la demande, jamais pour la payer.

Citoyen de naissance : au Canada ou par filiation

La naissance sur le territoire canadien donne la citoyenneté, quel que soit le statut des parents, à l'exception des enfants de représentants de gouvernements étrangers. La filiation est plus subtile. Depuis le 15 décembre 2025, date d'entrée en vigueur du projet de loi C-3, la règle a changé. La limite de première génération, qui empêchait un Canadien lui-même né à l'étranger de transmettre la citoyenneté à son enfant né à l'étranger, a été supprimée pour les personnes nées avant cette date. Pour les enfants nés ou adoptés à l'étranger à partir du 15 décembre 2025 d'un parent canadien lui-même né à l'étranger, un critère de lien substantiel s'applique : ce parent doit avoir été effectivement présent au Canada au moins 1 095 jours avant la naissance ou l'adoption.

Un point rassure beaucoup de nouveaux citoyens : un parent qui a obtenu la citoyenneté par attribution est traité comme un parent né au Canada. Ses enfants nés à l'étranger sont citoyens de naissance par filiation, sans condition de présence. Le critère de lien substantiel ne concerne que la génération suivante. Notre article sur la citoyenneté d'un enfant né à l'étranger et celui sur la citoyenneté canadienne pour les enfants traitent ces situations en détail.

Quel citoyen êtes-vous ? Le tableau en une minute

  • Né au Canada : citoyen de naissance. Aucune démarche, le certificat de naissance provincial ou le certificat de citoyenneté servent de preuve.
  • Né à l'étranger d'un parent canadien : citoyen de naissance par filiation, sous réserve des règles ci-dessus. Il faut demander un certificat de citoyenneté pour le prouver.
  • Résident permanent qui a fait une demande, réussi le test et prêté serment : citoyen par attribution, ce que d'autres appellent citoyen naturalisé. Le certificat est remis à la cérémonie.
  • Adopté à l'étranger par un Canadien : citoyen par attribution directe, une voie particulière sans test ni présence physique.
  • Ancien citoyen qui a perdu sa citoyenneté : réintégration, une autre forme d'attribution prévue par la loi.

Est-ce que la différence change quelque chose ?

Pour presque tout, non. Une fois citoyen, par attribution ou de naissance, vous avez les mêmes droits : voter et vous présenter aux élections, obtenir un passeport canadien, entrer et rester au Canada sans condition, parrainer, travailler pour la fonction publique fédérale. Les avantages de la citoyenneté ne dépendent pas de la voie empruntée, et aucune loi canadienne ne crée de citoyens de seconde classe. La révocation pour fraude, qui vise une attribution obtenue par fausse déclaration, est la seule situation propre aux citoyens par attribution, et elle suppose une fraude sur la demande elle-même.

Il reste deux endroits où la distinction apparaît. D'abord la transmission aux enfants nés à l'étranger, décrite plus haut, où ce qui compte est la manière dont le parent est devenu citoyen. Ensuite les formulaires : le certificat de citoyenneté ne mentionne pas la voie d'accès, mais certaines demandes, comme celle d'un passeport ou d'une preuve de citoyenneté, demandent si vous êtes né au Canada ou si vous avez obtenu la citoyenneté, avec la date de la cérémonie.

Le certificat de citoyenneté, seule preuve pour tous

Quelle que soit la voie, la preuve officielle est la même : le certificat de citoyenneté canadienne, aujourd'hui délivré en version électronique. Les citoyens par attribution le reçoivent après la cérémonie ; les citoyens par filiation doivent le demander, avec une preuve de la citoyenneté du parent ; les citoyens nés au Canada s'en servent rarement, le certificat de naissance suffisant presque toujours. Les anciens certificats de naturalisation d'avant 1947 et les cartes de citoyenneté plastifiées restent valables comme preuve, mais ne sont plus délivrés.

Ce qu'il faut retenir

  • Attribution (grant) est le terme légal canadien ; naturalisation est le mot courant et étranger : même chose.
  • Grant ne veut pas dire subvention : les frais de citoyenneté ne sont ni dispensés ni financés.
  • Naissance au Canada et filiation sont automatiques ; l'attribution est une procédure avec test et serment.
  • Une fois citoyen, les droits sont identiques ; seule la transmission aux enfants nés à l'étranger fait intervenir la voie d'accès.

Si vous préparez une demande d'attribution, le test est l'étape que vous pouvez travailler dès maintenant. Nos quiz par chapitre suivent le guide Découvrir le Canada, et nos examens blancs reproduisent le format officiel de 20 questions en 30 minutes.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'attribution de la citoyenneté ?

C'est le terme officiel de la Loi sur la citoyenneté pour la citoyenneté accordée par décision du gouvernement à une personne qui ne l'a pas de naissance : en pratique, un résident permanent qui remplit les conditions, dépose une demande, réussit le test et prête serment. C'est ce que d'autres pays appellent naturalisation.

Attribution et naturalisation, est-ce la même chose ?

Oui, pour l'essentiel. Le Canada utilise « attribution » (grant) dans ses lois et formulaires depuis 1947 ; « naturalisation » est le mot courant, encore utilisé aux États-Unis et au Royaume-Uni. Un citoyen par naturalisation et un citoyen par attribution désignent la même personne.

Existe-t-il une subvention (grant) pour payer les frais de citoyenneté ?

Non. Dans « citizenship grant », grant veut dire attribution, pas subvention. Les frais de 653 $ pour un adulte restent à la charge du demandeur, et IRCC n'offre ni dispense ni aide financière pour une demande de citoyenneté ordinaire.

Un citoyen par attribution a-t-il les mêmes droits qu'un citoyen de naissance ?

Oui. Une fois le serment prêté, la loi ne fait aucune différence : mêmes droits de vote, de passeport, de mobilité et de transmission de la citoyenneté, avec une seule nuance pour les enfants nés à l'étranger, où compte la manière dont le parent lui-même est devenu citoyen.

Prêt à vous tester ?

Mettez-le en pratique avec des examens blancs et des quiz par chapitre gratuits. 650+ questions, sans compte.

Citoyenneté Canada · Outil d'étude indépendant basé sur le guide officiel Découvrir le Canada. Non affilié au gouvernement du Canada.