Immigrant reçu, résident permanent, immigrant de première génération : qui est quoi ?
Immigrant reçu, résident permanent, première et deuxième génération : ce que chaque terme veut dire au Canada, et ce qu'il change pour vos droits.

Au Canada, « immigrant reçu » est l'ancien nom du résident permanent, remplacé en 2002 mais toujours employé ; « immigrant de première génération » est une catégorie statistique qui désigne toute personne née à l'étranger, citoyenne ou non ; et « résident temporaire » regroupe les travailleurs, étudiants et visiteurs qui n'ont pas de statut permanent. Ces mots se croisent dans les formulaires, les recensements, les conversations, et ils ne décrivent pas la même chose : l'un parle d'un statut juridique, l'autre d'un lieu de naissance. Voici ce que chacun signifie, ce qu'il change pour vos droits, et comment on passe de l'un à l'autre jusqu'à la citoyenneté.
Immigrant reçu : le mot d'avant 2002
Pendant des décennies, la personne admise au Canada avec le droit d'y vivre en permanence était un « immigrant reçu » (landed immigrant en anglais), en référence au moment où elle était « reçue » au point d'entrée, sa fiche d'établissement tamponnée. La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, entrée en vigueur en juin 2002, a remplacé ce terme par « résident permanent », qui décrit mieux un statut durable, avec des droits et des obligations qui continuent après l'arrivée. Les deux expressions désignent exactement la même chose. Si un formulaire, un employeur ou une banque vous demande si vous êtes immigrant reçu, répondez comme pour résident permanent, et présentez votre carte RP ou votre confirmation de résidence permanente.
Il n'existe donc pas de démarche pour « devenir immigrant reçu » distincte de la résidence permanente. Les voies actuelles sont Entrée express, les programmes des candidats des provinces, le parrainage familial, les programmes pilotes régionaux ou sectoriels et la réinstallation des réfugiés ; elles sont décrites dans notre guide comment obtenir la résidence permanente au Canada. Les plus anciens documents, la fiche relative au droit d'établissement IMM 1000, restent valables comme preuve du statut, ce qui explique que le mot survive dans certaines démarches.
Résident permanent : le statut qui compte aujourd'hui
Le résident permanent peut vivre, étudier et travailler partout au Canada, bénéficie de l'assurance maladie provinciale et de la protection de la Charte, mais ne peut ni voter, ni se présenter aux élections, ni obtenir un passeport canadien, ni occuper certains emplois exigeant une habilitation de sécurité élevée. Il doit respecter une obligation de résidence de 730 jours de présence au Canada par période de cinq ans, et son statut peut être perdu en cas de manquement ou de grande criminalité. Notre article sur le passage de résident permanent à citoyen compare les deux statuts point par point, et celui sur les avantages de la citoyenneté montre ce qu'on gagne à franchir le pas.
Résident temporaire : travailleurs, étudiants, visiteurs
Un titulaire de permis de travail ou d'études, un visiteur, un demandeur d'asile en attente de décision sont des résidents temporaires. Leur droit de rester au Canada est limité dans le temps et souvent conditionné à un employeur ou à un établissement. Ils n'ont pas accès aux mêmes prestations, et ils ne comptent que pour moitié dans le calcul de la présence physique pour la citoyenneté : chaque jour passé au Canada avant la résidence permanente vaut une demi-journée, jusqu'à 365 jours. Comment passer de temporaire à permanent est expliqué dans notre article sur le permis de travail au Canada.
Première, deuxième, troisième génération : une question de naissance, pas de statut
Ici, on change de registre. Statistique Canada classe la population par « statut des générations », et ce classement n'a rien à voir avec le statut d'immigration. La première génération comprend toutes les personnes nées à l'extérieur du Canada : un résident permanent arrivé l'an dernier, mais aussi un citoyen naturalisé depuis trente ans, et même une personne née à l'étranger de parents canadiens. La deuxième génération comprend les personnes nées au Canada dont au moins un parent est né à l'étranger. La troisième génération ou plus regroupe les personnes nées au Canada de deux parents nés au Canada.
Ces catégories servent aux recensements et aux études, pas aux droits. Un immigrant de première génération devenu citoyen a exactement les mêmes droits qu'un Canadien de troisième génération. Le seul endroit où la génération croise le droit, c'est la transmission de la citoyenneté par filiation aux enfants nés à l'étranger, où compte la manière dont le parent est devenu citoyen : notre article sur l'attribution de la citoyenneté et la naturalisation et celui sur la citoyenneté d'un enfant né à l'étranger traitent ce cas.
Le vocabulaire courant ajoute une nuance utile : la « génération 1,5 » désigne les personnes arrivées enfants, qui ont grandi et fait leurs études au Canada. Elle n'existe pas dans les statistiques officielles, mais elle décrit une réalité fréquente : un jeune arrivé à huit ans, résident permanent puis citoyen à l'adolescence, est statistiquement de première génération et culturellement canadien.
Le tableau en une minute
- Immigrant reçu : ancien terme, même chose que résident permanent. Preuve : carte RP, confirmation de résidence permanente ou fiche IMM 1000.
- Résident permanent : statut juridique permanent, avec obligation de résidence de 730 jours sur cinq ans ; pas de vote ni de passeport.
- Résident temporaire : permis de travail, permis d'études, visiteur ; statut limité dans le temps, jours comptés à moitié pour la citoyenneté.
- Citoyen : statut définitif, tous les droits, passeport, vote ; obtenu par naissance, filiation ou attribution.
- Première génération : né hors du Canada, quel que soit le statut. Deuxième génération : né au Canada d'un parent né à l'étranger.
D'un statut à l'autre : le chemin le plus courant
Le parcours type d'un immigrant de première génération suit quatre étapes : un statut temporaire, souvent un permis d'études ou de travail ; la résidence permanente, via Entrée express ou un programme provincial ; 1 095 jours de présence physique sur cinq ans, en comptant les jours temporaires pour moitié ; puis la demande de citoyenneté, le test et le serment. Une personne arrivée en 2023 avec un permis de travail, devenue résidente permanente en 2025, peut viser la citoyenneté en 2028. Le calendrier détaillé est dans notre article combien de temps pour devenir citoyen canadien, et le guide comment devenir citoyen canadien décrit chaque étape.
Ce qu'il faut retenir
- Immigrant reçu = résident permanent, un mot d'avant 2002 qui n'a pas disparu.
- Première génération = né à l'étranger, citoyen ou non ; deuxième génération = né au Canada d'un parent né ailleurs.
- Seul le statut juridique (temporaire, permanent, citoyen) change vos droits ; la génération est une catégorie statistique.
- Le chemin habituel : temporaire, permanent, 1 095 jours, citoyenneté.
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