L'économie du Canada
Le Canada possède l'une des plus grandes économies du monde, fondée sur trois piliers — les services, la fabrication et les ressources naturelles — ainsi que sur une longue tradition commerciale. Depuis la traite des fourrures jusqu'à son adhésion actuelle au G7, les Canadiens ont prospéré grâce à leur travail acharné et à leurs échanges avec des partenaires partout dans le monde.
Les trois piliers de l'économie
L'économie canadienne moderne repose sur trois grands piliers, le secteur des services étant de loin le plus important :
- Services (~75 % des emplois) — soins de santé, éducation, finance, commerce de détail, communications, transport, gouvernement, tourisme. C'est le secteur où travaille la majorité des Canadiens.
- Fabrication — papier, équipement de haute technologie, technologie aérospatiale, automobiles, machinerie, produits alimentaires, vêtements. Le secteur automobile est un employeur clé en Ontario.
- Ressources naturelles — foresterie, pêche, agriculture, exploitation minière, pétrole et gaz. Réparties sur le vaste territoire du Canada.
Le commerce avec le monde
Le Canada exporte plus qu'il ne consomme à l'intérieur du pays — le commerce est essentiel à sa prospérité. Les États-Unis sont de loin le plus important partenaire commercial du Canada : environ les trois quarts des exportations canadiennes y sont destinées.
- ACEUM (anciennement ALENA) — libre-échange avec les États-Unis et le Mexique.
- AECG — Accord économique et commercial global avec l'Union européenne.
- OMC — Le Canada est un membre fondateur de l'Organisation mondiale du commerce (originalement le GATT, signé après la Seconde Guerre mondiale afin d'assouplir les politiques commerciales restrictives de l'époque de la Dépression).
Les forces à travers le pays
- Provinces atlantiques — pêcheries (morue, homard, pétoncles), pétrole et gaz extracôtiers, foresterie, agriculture (pommes de terre de l'Î.-P.-É.).
- Centre du Canada (Ontario, Québec) — le cœur industriel du pays. Ensemble, ces provinces produisent plus des trois quarts des biens manufacturés canadiens.
- Québec — pâtes et papiers, hydroélectricité (le plus grand producteur du Canada), aérospatiale, produits pharmaceutiques.
- Ontario — fabrication automobile, finance (la Bourse de Toronto), agriculture, la région vinicole et fruitière de Niagara.
- Provinces des Prairies (Manitoba, Saskatchewan, Alberta) — blé, oléagineux, pétrole et gaz, sables bitumineux de l'Alberta.
- Colombie-Britannique — foresterie (la plus précieuse du Canada), exploitation minière, le port de Vancouver (porte d'entrée vers l'Asie-Pacifique), vergers et vignobles de la vallée de l'Okanagan.
- Territoires du Nord — or, diamants, plomb, cuivre, zinc, pétrole et gaz.
La traite des fourrures et les premières compagnies
Les premières compagnies du Canada ont été créées sous les régimes coloniaux français et britannique et se livraient concurrence pour la traite des fourrures. La Compagnie de la Baie d'Hudson — dont le personnel comptait des employés français, britanniques et autochtones — en est venue à dominer la traite dans tout le Nord-Ouest, depuis Fort Garry (Winnipeg) et Fort Edmonton jusqu'à Fort Langley (près de Vancouver) et Fort Victoria. Plusieurs de ces postes de traite sont devenus par la suite des villes canadiennes.
Les premières institutions financières du Canada ont ouvert leurs portes à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. La Bourse de Montréal a ouvert en 1832. Pendant des siècles, l'économie reposait principalement sur l'agriculture et sur l'exportation des ressources naturelles — fourrures, poisson et bois — transportées par les routes, les lacs, les rivières et les canaux.
Un chemin de fer d'un océan à l'autre (1885)
La Colombie-Britannique s'est jointe à la Confédération en 1871 après qu'Ottawa eut promis de construire un chemin de fer jusqu'à la côte Ouest. Le 7 novembre 1885, Donald Smith (Lord Strathcona), directeur du Chemin de fer Canadien Pacifique né en Écosse, a enfoncé le dernier crampon à Craigellachie en Colombie-Britannique — un puissant symbole de l'unité nationale d'un océan à l'autre.
Sir Wilfrid Laurier et la colonisation de l'Ouest
L'économie canadienne a connu une croissance rapide au cours du boom des années 1890 et du début des années 1900. Un million de Britanniques et un million d'Américains ont immigré au Canada pendant cette période. Sir Wilfrid Laurier — le premier premier ministre canadien-français depuis la Confédération, dont le portrait figure sur le billet de 5 $ — a activement encouragé l'immigration vers l'Ouest. Le nouveau chemin de fer a permis à 170 000 Ukrainiens, 115 000 Polonais et à des dizaines de milliers d'Allemands, de Français, de Norvégiens et de Suédois de coloniser les Prairies avant 1914 et de bâtir un secteur agricole florissant.
La Grande Dépression et la Banque du Canada
Les « Années folles » furent des années de prospérité économique et de faible chômage. Le krach boursier de 1929 a mis fin à ce boom et a inauguré la Grande Dépression — les « Dirty Thirties ». En 1933, le chômage avait atteint 27 % et de nombreuses entreprises ont fait faillite. Les agriculteurs de l'Ouest ont été les plus durement touchés par l'effondrement des prix des céréales et par une terrible sécheresse.
Les difficultés de la Dépression ont fait naître une demande grandissante pour un filet de sécurité sociale — salaires minimums, semaine de travail standard et programmes publics pour protéger les travailleurs et les familles.
Commerce et prospérité d'après-guerre
Après 1945, le Canada a connu une prospérité et un progrès matériel sans précédent. Les politiques commerciales restrictives de l'époque de la Dépression ont été assouplies par des traités tels que l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) — aujourd'hui l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La découverte de pétrole en Alberta en 1947 a donné naissance à l'industrie énergétique moderne du Canada. En 1951, pour la première fois, la majorité des Canadiens pouvaient s'offrir une alimentation, un logement et des vêtements adéquats.
Entre 1945 et 1970, le Canada s'est rapproché des États-Unis et d'autres partenaires commerciaux et a joui de l'une des économies les plus solides parmi les pays industrialisés. Aujourd'hui, les Canadiens jouissent de l'un des plus hauts niveaux de vie au monde — soutenu par le travail acharné et par le commerce, en particulier avec les États-Unis.
Le filet de sécurité sociale
À mesure que la prospérité croissait, le Canada a mis en place un vaste système de protection sociale financé par les impôts. Les principaux programmes comprennent :
- La Sécurité de la vieillesse — instaurée pour la première fois en 1927 pour soutenir les personnes âgées.
- L'assurance-emploi — créée par le gouvernement fédéral en 1940 (appelée à l'origine « assurance-chômage »).
- Le Régime de pensions du Canada (RPC) et le Régime de rentes du Québec (RRQ) — régimes de pension publics instaurés en 1965.
- La Loi canadienne sur la santé — fixe les éléments communs et une norme de base de couverture pour les soins de santé financés par les fonds publics, dispensés par les provinces et les territoires.
- L'éducation financée par les fonds publics — assurée par les provinces et les territoires.
Monnaie, banques et petites entreprises
Le dollar canadien (CAD) est la monnaie nationale. La Banque du Canada est la banque centrale et la seule institution autorisée à émettre des billets de banque canadiens.
Les petites entreprises sont un moteur de l'économie canadienne et emploient une grande proportion des travailleurs. La plupart des plus grandes entreprises du Canada ont commencé modestement et ont grandi grâce au libre-échange et à une économie ouverte. L'esprit d'entreprise et le travail acharné sont des valeurs canadiennes fondamentales.