Le Canada en bref · 22 min de lecture · Par Julien Durand

L'histoire des Noirs au Canada : le chemin de fer clandestin expliqué

Le chemin de fer clandestin, les Loyalistes noirs, Harriet Tubman et Viola Desmond : l'histoire des Noirs au Canada expliquée pour l'examen de citoyenneté.

Un chemin de campagne bordé d'arbres sous un ciel de nuit étoilé

Le chemin de fer clandestin était un réseau secret de routes, de refuges et de guides qui aidait les personnes réduites en esclavage à fuir les États-Unis, et son terminus se trouvait au Canada. Ce n'était pas un chemin de fer, et rien ne circulait sous terre. Le nom empruntait le vocabulaire des nouvelles lignes de chemin de fer à vapeur des années 1830 pour désigner quelque chose de bien plus dangereux : une chaîne de personnes prêtes à enfreindre la loi pour conduire des êtres humains vers la liberté.

Le guide officiel Découvrir le Canada mentionne ce réseau dans son passage sur l'abolition de l'esclavage, ce qui en fait une matière possible à l'examen de citoyenneté. Pour situer ce chapitre dans l'ensemble du programme, notre guide Le Canada en bref donne la vue d'ensemble.

L'histoire des Noirs au Canada est pourtant plus ancienne et plus complexe que le seul chemin de fer clandestin. Des personnes d'origine africaine ont été réduites en esclavage en Nouvelle-France et dans les colonies britanniques devenues le Canada. Des Loyalistes noirs sont arrivés en Nouvelle-Écosse dans les années 1780, bien avant tout réseau clandestin. Et la liberté trouvée au nord de la frontière s'accompagnait de terres, d'emplois et parfois du droit de vote, mais aussi d'écoles séparées, de portes fermées et, par endroits, d'hostilité ouverte.

Le chemin de fer clandestin en bref

Voici les faits les plus susceptibles de se retrouver dans une question d'examen. Gardez-les en tête avant de lire le détail.

  • Nature : un réseau secret et décentralisé de routes, de refuges et de complices, pas une véritable voie ferrée
  • Période forte : environ 1830 à 1865, avec un sommet après l'adoption de la loi américaine sur les esclaves fugitifs en 1850
  • Destination : l'Amérique du Nord britannique, surtout le Haut-Canada (le sud de l'Ontario actuel) et la Nouvelle-Écosse
  • Ampleur : les historiens estiment qu'environ 30 000 personnes ont atteint le Canada, mais les registres étaient volontairement inexistants et les estimations varient
  • Raison : l'esclavage est restreint dans le Haut-Canada dès 1793, puis aboli dans tout l'Empire britannique par la loi de 1833, en vigueur le 1er août 1834
  • Figure la plus connue : Harriet Tubman, installée à St. Catharines, en Ontario, pendant une bonne partie des années 1850

Ce qu'était vraiment le chemin de fer clandestin

C'était un réseau souple de personnes, pas une organisation avec un siège social, une liste de membres ou une carte. Personne n'en détenait le plan complet, et c'est précisément ce qui le rendait difficile à démanteler.

Les maillons du réseau étaient surtout des communautés noires libres, des personnes anciennement asservies, des Quakers, des congrégations méthodistes et baptistes abolitionnistes, et des fermiers qui acceptaient de cacher un inconnu dans leur grange. Aider un fugitif exposait à l'amende, à la prison, parfois à la violence des voisins. Comme tout devait rester secret, presque rien n'a été écrit sur le moment : c'est la raison pour laquelle les chiffres restent des estimations et non des comptages.

Il faut aussi rétablir une chose souvent oubliée : l'essentiel du travail était accompli par les fugitifs eux-mêmes. Marcher la nuit, traverser des rivières, se cacher dans une charrette ou dans la cale d'un navire, se procurer de faux laissez-passer, tout cela reposait sur leur courage. Le réseau ne transportait personne. Il offrait un toit, un repas et une direction aux bons moments.

Le vocabulaire codé du réseau

Le réseau a emprunté les mots du rail comme code, et ce vocabulaire revient souvent dans les questions. Chaque terme désignait une réalité très concrète.

  • Conducteurs : les guides qui menaient les gens d'une étape à l'autre
  • Stations ou dépôts : les refuges, granges, églises et caves où l'on pouvait dormir
  • Chefs de gare : celles et ceux qui hébergeaient et nourrissaient les fugitifs
  • Passagers, cargaison ou fret : les personnes en fuite elles-mêmes
  • Agents : les organisateurs, qui trouvaient l'argent, les itinéraires et les informations
  • Terminus : les points d'arrivée, dont beaucoup se trouvaient au Canada

Des chansons transmettaient aussi des consignes. Le chant « Follow the Drinking Gourd » désignait la Grande Ourse, la constellation qui pointe vers l'étoile Polaire, donc vers le nord. Découvrir le Canada reprend la même image en expliquant que des milliers de personnes ont suivi l'étoile du Nord jusqu'au Canada.

Pourquoi les fugitifs visaient le Canada

Le Canada était la destination parce que la loi britannique y avait mis l'esclavage hors d'atteinte, alors que la loi américaine, elle, poursuivait les fugitifs jusque dans les États libres du Nord. La frontière n'était pas symbolique : elle changeait le statut juridique d'une personne.

La loi américaine de 1850 sur les esclaves fugitifs a tout accéléré. Elle permettait aux chasseurs de primes de saisir une personne accusée d'être en fuite dans n'importe quel État, sans procès devant jury et sans qu'elle puisse témoigner, et elle punissait les citoyens qui refusaient de coopérer. Du jour au lendemain, Boston, Philadelphie et Détroit cessaient d'être des refuges. Des familles entières, y compris des personnes libres depuis des années, ont repris la route vers le nord.

La géographie faisait le reste. On traversait la rivière Détroit à Windsor et à Amherstburg, la rivière Niagara près de Fort Erie et des chutes, le lac Érié en bateau, et l'Atlantique jusqu'en Nouvelle-Écosse. La traversée durait parfois quelques minutes ; se rendre jusqu'à la rive pouvait prendre des mois. Après l'abolition de l'esclavage aux États-Unis en 1865, beaucoup sont repartis retrouver des proches, mais des milliers sont restés.

L'esclavage a aussi existé en Nouvelle-France et au Canada britannique

Le Canada a servi de refuge contre l'esclavage américain, mais il avait lui-même pratiqué l'esclavage pendant près de deux siècles. Le dire n'enlève rien au rôle d'accueil ; cela remet simplement l'histoire d'aplomb.

En Nouvelle-France, des Autochtones, souvent appelés Panis, et des Africains ont été tenus en esclavage. L'historien Marcel Trudel a recensé environ 4 200 personnes asservies sous les régimes français puis britannique, dont environ les deux tiers étaient autochtones. Pour comprendre ce volet, voyez aussi notre article sur les peuples autochtones du Canada.

Deux noms résument cette période. Olivier Le Jeune, un garçon amené de Madagascar et vendu à Québec en 1629, est la première personne d'origine africaine connue à avoir été réduite en esclavage en Nouvelle-France. Marie-Joseph Angélique, asservie à Montréal, a été torturée puis pendue en 1734 après avoir été reconnue coupable d'avoir allumé l'incendie qui détruisit une partie de la ville ; sa culpabilité est encore débattue par les historiens.

La Conquête n'a rien changé : les articles de la capitulation de Montréal, en 1760, garantissaient aux propriétaires le droit de conserver les personnes qu'ils détenaient. L'esclavage s'est poursuivi en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Bas-Canada et au Haut-Canada, à petite échelle mais bien réellement, jusqu'à ce que les tribunaux et le législateur le rendent impossible à appliquer.

La loi de 1793 du Haut-Canada et l'abolition de 1834

En 1793, le Haut-Canada devient le premier territoire de l'Empire britannique à légiférer contre l'esclavage, et le Parlement britannique abolit ensuite l'esclavage dans tout l'Empire par une loi adoptée en 1833, entrée en vigueur le 1er août 1834. Ces deux dates comptent parmi les plus testables du chapitre.

Le déclencheur porte un nom : Chloé Cooley. En mars 1793, cette femme asservie a été ligotée et forcée de traverser la rivière Niagara pour être vendue dans l'État de New York. Ses cris et sa résistance ont été rapportés aux autorités par Peter Martin, un Loyaliste noir ancien militaire, et par un voisin, William Grisley. Le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe s'est servi de cette affaire pour faire adopter, le 9 juillet 1793, la loi visant à restreindre l'esclavage.

Il faut savoir ce que cette loi faisait et ne faisait pas. Elle ne libérait personne : les personnes déjà asservies le restaient à vie. Elle interdisait d'amener de nouvelles personnes asservies dans la province et prévoyait que les enfants nés de mères asservies seraient libres à 25 ans. C'était un compromis d'abolition graduelle. Il a suffi à faire du Haut-Canada un endroit où l'esclavage s'éteignait, et la nouvelle a voyagé de bouche à oreille au sud de la frontière.

La suite tient en deux dates : en 1807, le Parlement britannique interdit l'achat et la vente d'esclaves, donc la traite ; en 1833, il abolit l'esclavage dans tout l'Empire. Le guide officiel retient l'année 1833 pour l'abolition ; la loi a pris effet le 1er août 1834. Si une question vous propose ces deux années, choisissez celle qui correspond à la formulation du guide.

Les Loyalistes noirs et Birchtown

Environ 3 000 Loyalistes noirs sont arrivés en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick après la Révolution américaine, des décennies avant le chemin de fer clandestin. On leur avait promis la liberté et des terres en échange de leur appui à la Couronne, et leurs noms ont été consignés en 1783 dans le registre appelé Book of Negroes.

Birchtown, près de Shelburne, est devenue la plus grande communauté noire libre d'Amérique du Nord à l'époque. La réalité a vite déçu la promesse : les concessions de terres étaient petites, tardives ou jamais accordées, et les emplois allaient aux colons blancs. En 1784, des soldats démobilisés et des colons s'en sont pris aux résidents noirs de Shelburne lors d'émeutes souvent décrites comme les premières émeutes raciales d'Amérique du Nord.

En 1792, découragées, près de 1 200 personnes ont quitté la Nouvelle-Écosse avec Thomas Peters et John Clarkson pour fonder Freetown, en Sierra Leone. En 1796, des Marrons jamaïcains ont été déportés en Nouvelle-Écosse ; la plupart sont partis à leur tour vers la Sierra Leone en 1800. Le guide officiel mentionne à la fois les 3 000 Loyalistes noirs et les Marrons.

Un nom mérite d'être retenu : Richard Pierpoint, né au Sénégal, réduit en esclavage puis Loyaliste noir, a contribué à lever un corps de miliciens noirs qui a combattu pendant la guerre de 1812. Des Noirs ont donc défendu le Canada avant même d'y être traités en égaux.

Harriet Tubman, du Maryland à St. Catharines

Harriet Tubman s'est évadée de l'esclavage au Maryland en 1849, puis a fait de St. Catharines, en Ontario, sa base pendant les années 1850, retournant sans cesse vers le sud pour en ramener d'autres. Ses contemporains la surnommaient Moïse.

Les chiffres méritent d'être cités avec prudence. Les récits du XIXe siècle lui attribuent 300 personnes libérées ; les travaux plus récents, notamment ceux de la biographe Kate Clifford Larson, comptent une treizaine de voyages et environ 70 personnes qu'elle a personnellement conduites vers la liberté, en plus de dizaines d'autres qu'elle a aidées par ses instructions. Dans les deux versions, un fait ne change pas : elle n'a jamais perdu un seul passager.

Elle a vécu à St. Catharines d'environ 1851 à 1858 et fréquentait la chapelle Salem BME, aujourd'hui lieu historique national. Elle est ensuite retournée aux États-Unis, où elle a servi d'éclaireuse et d'infirmière pour l'armée de l'Union pendant la guerre de Sécession, avant de s'établir à Auburn, dans l'État de New York, où elle est morte en 1913. Pour l'examen, retenez le lien entre Tubman, le rôle de conductrice et la ville de St. Catharines.

Les communautés d'accueil du sud-ouest de l'Ontario

La plupart des arrivants se sont installés dans un groupe de villes proches de la rivière Détroit et du lac Érié : Windsor, Amherstburg, Chatham, Dresden et Buxton. Ces noms reviennent souvent dans les documents et les visites scolaires.

Amherstburg était l'un des principaux points de débarquement sur la rivière Détroit. On y trouve l'église Nazrey, bâtie en 1848 par la congrégation méthodiste épiscopale africaine, aujourd'hui intégrée au musée de la Liberté d'Amherstburg. À Windsor, l'église baptiste Sandwich First, construite en 1851 par des réfugiés, tient toujours debout et accueille encore des fidèles.

Chatham est devenue un carrefour intellectuel et militant. Mary Ann Shadd Cary y a poursuivi la publication du Provincial Freeman, lancé en 1853 : elle est la première femme noire d'Amérique du Nord à diriger un journal. C'est aussi à Chatham que l'abolitionniste américain John Brown a tenu, en 1858, la convention où il a présenté son projet de soulèvement armé. L'Église méthodiste épiscopale britannique, la BME, y a été fondée en 1856.

Buxton, enfin, était une expérience planifiée. L'établissement d'Elgin, fondé en 1849 par le révérend William King près de l'actuel North Buxton, offrait des terres à acheter, une scierie et une école. Cette école avait une telle réputation que des familles blanches des environs y inscrivaient leurs enfants, à une époque où beaucoup d'écoles refusaient les élèves noirs.

Josiah Henson, Dawn et la case de l'oncle Tom

Josiah Henson s'est enfui du Kentucky vers le Haut-Canada en 1830 et a contribué à fonder l'établissement de Dawn, près de Dresden, où ses mémoires publiés en 1849 ont plus tard inspiré une partie du roman de Harriet Beecher Stowe. Son nom fait partie des figures noires les plus citées de l'histoire canadienne.

Né esclave au Maryland en 1789, Henson a fui avec sa femme et leurs quatre enfants, portant les deux plus jeunes sur son dos une partie du chemin. À Dawn, il a participé à la création du British American Institute en 1842, une école où les résidents apprenaient un métier, ainsi qu'à une scierie qui exportait du noyer noir jusqu'en Grande-Bretagne. L'objectif était clair : l'autonomie économique, pas la charité.

Le roman La Case de l'oncle Tom, publié par Harriet Beecher Stowe en 1852, a connu un succès mondial et nourri le mouvement abolitionniste. Le récit de Henson fut l'une de ses sources, parmi d'autres. Comme l'expression « oncle Tom » est ensuite devenue une insulte, le site historique de Dresden a été rebaptisé en 2022 musée Josiah-Henson de l'histoire afro-canadienne. Pour l'examen, associez simplement Henson à Dresden et à l'établissement de Dawn.

La vie après l'arrivée : libre en droit, inégal en fait

Franchir la frontière mettait fin au risque juridique d'être la propriété de quelqu'un, mais pas à la discrimination. Les deux réalités ont coexisté pendant des générations.

Les nouveaux arrivants défrichaient des terres, cultivaient, travaillaient dans les scieries, sur les quais, dans la navigation et plus tard sur les chantiers ferroviaires ; certains ouvraient des commerces. Les hommes propriétaires pouvaient voter, ce que presque aucun Noir libre ne pouvait faire aux États-Unis. Ces secteurs restent d'ailleurs au programme dans le chapitre sur l'économie du Canada.

En face, la liste des refus était longue. Des propriétaires refusaient de louer, des employeurs payaient moins, des hôtels, des restaurants et des salles de spectacle refusaient de servir, et certaines municipalités ont pétitionné pour empêcher l'installation de familles noires. Aucun texte de loi ne créait la ségrégation à l'échelle du pays, mais une ligne de couleur était tracée dans les usages, ce qui suffisait.

Après 1865, beaucoup sont retournés aux États-Unis pour retrouver des parents dispersés par les ventes. Les communautés du sud-ouest ontarien ont donc rétréci, sans disparaître : à North Buxton, à Amherstburg et à Chatham, des familles descendent encore directement des passagers du chemin de fer clandestin.

Les écoles séparées en Ontario et en Nouvelle-Écosse

La loi ontarienne a autorisé des écoles séparées pour les enfants noirs à partir de 1850, et la dernière école séparée de la province n'a fermé qu'en 1965 ; en Nouvelle-Écosse, la dernière a fermé en 1983. Ces dates surprennent souvent, et elles sont exactes.

La Common Schools Act de 1850 permettait aux conseils scolaires locaux de créer des écoles distinctes. Dans les faits, l'outil a servi à exclure : on ouvrait une école noire pour ne pas admettre les élèves dans l'école du village. Des familles ont porté l'affaire devant les tribunaux et ont parfois gagné en droit, sans obtenir de changement sur le terrain.

La disposition ontarienne a été abrogée en 1964 et la dernière école a fermé ses portes en 1965, dans le comté d'Essex. En Nouvelle-Écosse, des écoles séparées ont perduré jusqu'en 1983. Autrement dit, une partie de cette histoire n'appartient pas à un passé lointain : des Canadiens vivants aujourd'hui ont fréquenté ces écoles.

Viola Desmond, 1946, et le billet de 10 dollars

Viola Desmond, femme d'affaires de Halifax, a été arrêtée le 8 novembre 1946 pour s'être assise dans la section réservée aux Blancs du cinéma Roseland, à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, et elle figure aujourd'hui sur le billet canadien de 10 dollars. C'est l'une des questions de culture générale les plus prévisibles.

Les faits sont simples. Sa voiture tombe en panne, elle décide d'aller au cinéma en attendant la réparation, elle achète un billet et s'installe au parterre. Or la salle réservait le parterre aux clients blancs et le balcon aux clients noirs. Elle refuse de bouger, est traînée hors de la salle, passe la nuit en cellule et paie une amende. L'accusation ne mentionne jamais la couleur de peau : on lui reproche d'avoir privé la province d'un cent de taxe d'amusement, l'écart entre les deux catégories de billets. Elle perd son appel.

Son affaire, soutenue par l'Association pour l'avancement des personnes de couleur de la Nouvelle-Écosse, a nourri la campagne contre la ségrégation. En 2010, la province lui a accordé un pardon posthume, le premier du genre au Canada, signé par la lieutenante-gouverneure Mayann Francis. En 2018, elle est devenue la première Canadienne à figurer seule sur un billet de banque en circulation courante : le billet vertical de 10 dollars est entré en circulation le 19 novembre 2018. D'autres figures marquantes sont réunies dans notre guide des Canadiens célèbres.

Africville, une communauté effacée

Africville était une communauté noire établie dès les années 1840 sur les rives du bassin de Bedford, à Halifax, que la ville a démolie dans les années 1960. L'histoire est dure, et elle explique une part de la mémoire noire au Canada.

Les résidents payaient leurs taxes municipales. En retour, la ville n'a jamais fourni d'eau courante, d'égouts, de routes pavées ni de services policiers fiables. Elle a en revanche installé à proximité un abattoir, un hôpital pour maladies infectieuses, une prison et, finalement, le dépotoir municipal.

Entre 1964 et 1970, les maisons ont été expropriées et démolies au nom de la rénovation urbaine, certaines familles voyant leurs biens déménagés dans des camions à ordures de la ville. Africville a été désignée lieu historique national en 1996, la Ville de Halifax a présenté des excuses officielles en 2010, et une réplique de l'église baptiste Seaview a ouvert en 2012 comme musée d'Africville.

Africville a peu de chances de faire l'objet d'une question directe. Elle éclaire toutefois pourquoi les chapitres du guide sur les droits et les libertés ne sont pas une simple formalité : ils décrivent des protections construites en réaction à des faits précis.

Le Mois de l'histoire des Noirs et les lieux à visiter

Le Canada souligne le Mois de l'histoire des Noirs chaque février, reconnu par la Chambre des communes en décembre 1995 à la suite d'une motion de Jean Augustine, première femme noire élue au Parlement. Le Sénat a adopté une motion similaire en mars 2008, présentée par le sénateur Donald Oliver.

Plusieurs lieux historiques nationaux permettent de voir cette histoire de près, et une visite vaut souvent dix relectures :

  • Musée Josiah-Henson de l'histoire afro-canadienne, à Dresden, en Ontario
  • Lieu historique national et musée de Buxton, à North Buxton, en Ontario
  • Musée de la Liberté d'Amherstburg et église Nazrey, à Amherstburg, en Ontario
  • Chapelle Salem BME, à St. Catharines, l'église fréquentée par Harriet Tubman
  • Église baptiste Sandwich First, à Windsor, en Ontario
  • Centre du patrimoine des Loyalistes noirs, à Birchtown, en Nouvelle-Écosse
  • Musée d'Africville, à Halifax, en Nouvelle-Écosse

En février, les écoles, les bibliothèques et les cérémonies de citoyenneté mettent souvent ces récits à l'honneur. Si votre cérémonie tombe pendant ce mois, il y a de bonnes chances que le juge de la citoyenneté y fasse allusion.

Ce que le test demande sur l'histoire des Noirs au Canada

Attendez-vous à des questions factuelles et courtes : une date, un nom, un lieu ou une définition. Voici des questions d'entraînement conformes au style de l'examen, avec leurs réponses.

  • Qu'était le chemin de fer clandestin ? Un réseau secret de routes, de refuges et de complices qui aidait les personnes réduites en esclavage à fuir les États-Unis, souvent vers le Canada.
  • Quelle province a restreint l'esclavage la première, en quelle année et sous quel lieutenant-gouverneur ? Le Haut-Canada, en 1793, sous John Graves Simcoe.
  • Quand l'esclavage a-t-il été aboli dans tout l'Empire britannique ? Par une loi adoptée en 1833, entrée en vigueur le 1er août 1834.
  • Qu'a fait le Parlement britannique en 1807 ? Il a interdit l'achat et la vente d'esclaves, c'est-à-dire la traite.
  • Qui étaient les Loyalistes noirs ? Environ 3 000 personnes noires venues en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick après la Révolution américaine parce qu'elles avaient soutenu la Couronne.
  • Qui a été amené en Nouvelle-Écosse en 1796 ? Des Marrons de la Jamaïque, dont la plupart sont partis pour la Sierra Leone en 1800.
  • Quelle conductrice du chemin de fer clandestin a vécu à St. Catharines ? Harriet Tubman.
  • Quelle Canadienne figure sur le billet de 10 dollars ? Viola Desmond, arrêtée en 1946 pour s'être assise dans la section réservée aux Blancs d'un cinéma de Nouvelle-Écosse.
  • Quand a lieu le Mois de l'histoire des Noirs au Canada ? En février.

Un piège classique consiste à mélanger 1793, 1807 et 1833. Retenez la logique : d'abord une province qui restreint, ensuite un empire qui interdit la traite, enfin un empire qui abolit l'esclavage. Trois étapes, trois dates, dans l'ordre croissant.

Comment réviser ce chapitre efficacement

Classez les faits en trois colonnes, dates, personnes et lieux, car c'est exactement ainsi que les questions sont construites. Cette méthode réduit un long chapitre à une trentaine d'éléments mémorisables.

Côté dates : 1793, 1807, 1833 et 1834, 1850, 1865, 1946, 1995. Côté personnes : Simcoe, Chloé Cooley, Harriet Tubman, Josiah Henson, Mary Ann Shadd Cary, Viola Desmond, Jean Augustine. Côté lieux : Birchtown, St. Catharines, Amherstburg, Chatham, Dresden, Buxton, Africville. Relisez ces trois listes deux ou trois fois par semaine plutôt qu'une heure d'affilée la veille du test.

Passez ensuite à la pratique : entraînez-vous avec les examens blancs chronométrés, travaillez chapitre par chapitre avec les quiz thématiques et laissez la révision intelligente vous ramener ce que vous oubliez. Pour relier ce chapitre au reste du programme, revenez au guide Le Canada en bref.

Questions fréquentes

Qu'était le chemin de fer clandestin au Canada ?

Le chemin de fer clandestin était un réseau secret de routes, de refuges et de bénévoles qui aidaient les personnes réduites en esclavage à fuir les États-Unis. Ce n'était pas un vrai chemin de fer : le réseau empruntait le vocabulaire ferroviaire comme code, les conducteurs guidant les passagers d'une station à l'autre. Son terminus se trouvait en Amérique du Nord britannique, surtout dans le sud de l'Ontario actuel et en Nouvelle-Écosse, où la loi britannique protégeait les arrivants.

Quand les fugitifs sont-ils arrivés au Canada par ce réseau ?

Des fuites ont eu lieu pendant toute la première moitié du XIXe siècle, mais le trafic a culminé entre 1830 et 1865. Les années les plus intenses ont suivi la loi américaine de 1850 sur les esclaves fugitifs, qui autorisait la capture de personnes jusque dans les États libres du Nord : le Canada devenait la seule destination sûre. Les historiens estiment qu'environ 30 000 personnes ont ainsi gagné le Canada.

Quelle place l'histoire des Noirs occupe-t-elle dans le guide officiel ?

Découvrir le Canada aborde l'histoire des Noirs surtout dans ses passages sur les Loyalistes et sur l'abolition de l'esclavage. Les points testables comprennent les quelque 3 000 Loyalistes noirs arrivés en Nouvelle-Écosse après 1783, les Marrons jamaïcains de 1796, la loi de 1793 du Haut-Canada sous John Graves Simcoe, l'interdiction de la traite en 1807, l'abolition dans l'Empire en 1833 et le chemin de fer clandestin.

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