Chapitre · 111 questions

Histoire du Canada

Histoire du Canada

Le Canada est le fruit de plus de 400 ans de rencontres entre les peuples autochtones et les colons européens — et des alliances, conflits et traités qui ont bâti le pays que nous connaissons aujourd'hui.

Les peuples autochtones

Quand les Européens ont exploré le Canada, ils ont appelé les habitants « Indiens », croyant être arrivés aux Indes orientales. Aujourd'hui on les regroupe en trois grands peuples reconnus par la Constitution : les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

  • Hurons-Wendats (région des Grands Lacs) et Iroquois — agriculteurs et chasseurs.
  • Cris et Dénés (Nord-Ouest) — chasseurs-cueilleurs.
  • Sioux — nomades, suivant les troupeaux de bisons.
  • Inuits — vivaient de la faune arctique.
  • Peuples de la Côte Ouest — séchaient et fumaient le poisson.

Les premiers Européens et le nom du Canada

Vers l'an 1000, les Vikings d'Islande — qui avaient déjà colonisé le Groenland — atteignent le Labrador et Terre-Neuve. Les vestiges de leur établissement à l'Anse aux Meadows sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

L'exploration européenne sérieuse commence en 1497 avec Jean Cabot, navigateur italien au service de l'Angleterre, le premier à cartographier la côte atlantique canadienne. Entre 1534 et 1542, Jacques Cartier effectue trois voyages atlantiques au nom du roi François Iᵉʳ de France. Cartier entend deux guides iroquoiens prononcer le mot kanata — « village » — et dès les années 1550, le nom Canada apparaît sur les cartes européennes.

La Nouvelle-France royale

En 1604, les explorateurs français Pierre de Monts et Samuel de Champlain fondent le premier établissement européen au nord de la Floride — d'abord sur l'île Sainte-Croix, puis à Port-Royal en Acadie (l'actuelle Nouvelle-Écosse). En 1608, Champlain construit une forteresse là où s'élève aujourd'hui la ville de Québec.

Champlain allie la colonie aux Algonquins, Montagnais et Hurons, ennemis historiques des Iroquois — une confédération de cinq (puis six) Premières Nations qui combattront les établissements français pendant près d'un siècle, jusqu'à la paix de 1701.

Français et Autochtones collaborent dans la vaste économie de la traite des fourrures, portée par la demande européenne en peaux de castor. De grands dirigeants comme Jean Talon, Mgr de Laval et le comte de Frontenac bâtissent un empire français en Amérique du Nord qui s'étend de la baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique.

La lutte pour un continent

En 1670, le roi Charles II d'Angleterre accorde à la Compagnie de la Baie d'Hudson le monopole de la traite sur tout le bassin versant de la baie d'Hudson. Pendant 100 ans, la Compagnie rivalise avec les marchands de Montréal. Les hommes courageux qui voyagent en canot sont appelés voyageurs et coureurs des bois ; ils nouent de fortes alliances avec les Premières Nations.

Au XVIIIᵉ siècle, la France et la Grande-Bretagne s'affrontent ouvertement pour le contrôle de l'Amérique du Nord. En 1759, les Britanniques défont les Français à la bataille des plaines d'Abraham, à Québec — marquant la fin de l'empire français en Amérique. Les deux commandants, le brigadier James Wolfe et le marquis de Montcalm, meurent en menant leurs troupes.

Sir Guy Carleton (Lord Dorchester), comme gouverneur de Québec, défend les droits des Canadiens, repousse une invasion militaire américaine en 1775 et supervise la migration loyaliste de 1782-1783.

Une tradition d'accommodement — l'Acte de Québec de 1774

Pour mieux gouverner la majorité catholique francophone, le Parlement britannique adopte l'Acte de Québec de 1774 — l'un des fondements constitutionnels du Canada. Cet acte :

  • Garantit la liberté de religion aux catholiques et leur permet d'occuper des fonctions publiques (ce qui était interdit en Grande-Bretagne à l'époque).
  • Rétablit le droit civil français, tout en conservant le droit criminel britannique.
  • Reconnaît l'usage de la langue française.

Les loyalistes de l'Empire-Uni

En 1776, les 13 colonies britanniques au sud du Québec déclarent leur indépendance et forment les États-Unis. Plus de 40 000 « loyalistes » — fidèles à la Couronne — fuient la révolution américaine pour s'installer en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Québec.

  • Joseph Brant conduit des milliers de Mohawks loyalistes au Canada.
  • Les loyalistes viennent d'origines variées : néerlandaise, allemande, britannique, scandinave et autochtone.
  • Ils représentent diverses confessions : presbytérienne, anglicane, baptiste, méthodiste, juive, quaker et catholique.
  • Environ 3 000 loyalistes noirs — affranchis et anciens esclaves — montent vers le nord en quête d'une vie meilleure.
  • En 1792, certains Néo-Écossais noirs partent fonder Freetown, en Sierra Leone (colonie britannique pour esclaves affranchis).

La guerre de 1812 — le combat pour le Canada

Pensant qu'il serait facile de conquérir le Canada, les États-Unis lancent une invasion en juin 1812. Les Américains se trompent. Volontaires canadiens et Premières Nations — dont les Shawnees du chef Tecumseh — appuient les soldats britanniques dans la défense.

  • Le major-général Sir Isaac Brock capture Détroit mais meurt en défendant Queenston Heights, près des chutes Niagara.
  • Le lieutenant-colonel Charles de Salaberry et 460 soldats (en majorité Canadiens français) repoussent 4 000 envahisseurs américains à Châteauguay en 1813.
  • En 1813, les Américains brûlent la résidence du gouverneur et les édifices parlementaires de York (aujourd'hui Toronto).
  • En représailles en 1814, le major-général Robert Ross conduit depuis la Nouvelle-Écosse une expédition qui brûle la Maison-Blanche et d'autres édifices publics à Washington.
  • Laura Secord, mère pionnière de cinq enfants, parcourt 30 km à pied pour prévenir le lieutenant FitzGibbon d'une attaque américaine planifiée — contribuant à la victoire britannique à Beaver Dams.

En 1814, la tentative américaine de conquête échoue. La frontière actuelle Canada–États-Unis est en partie le résultat de la guerre de 1812 — qui a garanti que le Canada resterait indépendant des États-Unis.

Les débuts de la démocratie

Les institutions démocratiques se développent graduellement et pacifiquement. La première assemblée représentative est élue à Halifax en 1758. Suivent l'Île-du-Prince-Édouard en 1773 et le Nouveau-Brunswick en 1785.

L'Acte constitutionnel de 1791 divise la province de Québec en Haut-Canada (futur Ontario) — surtout loyaliste, protestant et anglophone — et Bas-Canada (futur Québec) — majoritairement catholique et francophone. L'Acte accorde, pour la première fois, des assemblées législatives élues par le peuple. Le nom « Canada » devient officiel à cette époque, et l'est resté depuis.

L'abolition de l'esclavage

L'esclavage a existé partout dans le monde. Le premier mouvement pour abolir le commerce transatlantique d'esclaves émerge au Parlement britannique à la fin du XVIIIᵉ siècle.

  • 1793 — Le Haut-Canada, sous l'impulsion du lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe (officier militaire loyaliste), devient la première province de l'Empire britannique à amorcer l'abolition.
  • 1807 — Le Parlement britannique interdit l'achat et la vente d'esclaves.
  • 1833 — L'esclavage est aboli dans tout l'Empire britannique.
  • Des milliers d'esclaves s'évadent des États-Unis, suivant « l'étoile du Nord » par le chemin de fer clandestin (Underground Railroad) — un réseau anti-esclavagiste chrétien — pour s'établir au Canada.
  • Mary Ann Shadd Cary devient la première femme éditrice au Canada en 1853, fondant et dirigeant The Provincial Freeman, un hebdomadaire anti-esclavagiste.

La Confédération — la naissance du Canada (1867)

Entre 1864 et 1867, les Pères de la Confédération négocient l'union des colonies britanniques d'Amérique du Nord. Le 1ᵉʳ juillet 1867, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique crée le Dominion du Canada avec quatre provinces fondatrices :

  • Ontario
  • Québec
  • Nouvelle-Écosse
  • Nouveau-Brunswick

Sir John Alexander Macdonald, premier Premier ministre du pays, est célébré comme le principal architecte de la Confédération. Sir George-Étienne Cartier est le grand dirigeant du Québec qui amène le Québec dans la Confédération et contribue à étendre les frontières du Canada vers l'ouest — considéré comme le père du Québec moderne et un architecte clé du Canada.

Construire le pays (1867-1914)

Après la Confédération, le Canada s'étend vers l'ouest. Le Manitoba (1870), la Colombie-Britannique (1871) et l'Île-du-Prince-Édouard (1873) rejoignent la fédération. L'Alberta et la Saskatchewan sont créées en 1905, et Terre-Neuve-et-Labrador se joint en 1949.

Les guerres mondiales et l'époque moderne

Le Canada combat aux côtés de l'Empire britannique pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Plus de 60 000 Canadiens y meurent. La victoire d'avril 1917 à la crête de Vimy — remportée par les quatre divisions du Corps canadien combattant ensemble — est célébrée comme le moment où le Canada est devenu une véritable nation.

Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), plus d'un million de Canadiens et Terre-Neuviens servent sous les drapeaux. Le Canada forme 130 000 équipages aériens alliés dans le cadre du Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, et les troupes canadiennes libèrent les Pays-Bas en 1944-1945. De 1950 à 1953, les forces canadiennes combattent dans la guerre de Corée.

  1. 1867
    Confédération : naissance du Dominion du Canada.
  2. 1870
    Le Manitoba rejoint la Confédération.
  3. 1871
    La Colombie-Britannique rejoint la Confédération.
  4. 1885
    Dernier crampon du Canadien Pacifique à Craigellachie.
  5. 1905
    L'Alberta et la Saskatchewan rejoignent la Confédération.
  6. 1917
    Victoire de la crête de Vimy — naissance d'une nation.
  7. 1945
    Fin de la Seconde Guerre mondiale ; les troupes canadiennes libèrent les Pays-Bas.
  8. 1949
    Terre-Neuve-et-Labrador rejoint la Confédération.
  9. 1982
    Rapatriement de la Constitution ; Charte canadienne des droits et libertés.

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