Admissibilité et frais · 7 min de lecture · Par Julien Durand

Casier judiciaire et citoyenneté canadienne : ce qui bloque la demande

Certaines affaires criminelles peuvent vous rendre inadmissible ou retarder votre demande de citoyenneté canadienne. Voici les interdictions à connaître.

Un marteau de juge en bois et des documents juridiques sur un bureau

Certaines affaires criminelles peuvent vous rendre inadmissible à la citoyenneté canadienne ou retarder votre demande. Dans la loi, ces situations portent un nom précis : ce sont des interdictions. Être en prison, en liberté conditionnelle ou en probation, être accusé ou reconnu coupable de certaines infractions, faire l'objet d'une mesure de renvoi, ou avoir déjà commis une fraude en matière de citoyenneté peuvent tous constituer une interdiction. La bonne nouvelle : la plupart de ces interdictions sont temporaires. Une fois la situation réglée, vous pouvez souvent redevenir admissible. Cet article présente les grandes catégories ; chaque cas est particulier, alors vérifiez le vôtre sur canada.ca ou avec un professionnel du droit.

L'essentiel en bref

  • Peine en cours : prison, probation ou liberté conditionnelle peuvent créer une interdiction tant que la peine dure.
  • Accusation ou condamnation : une procédure en cours comme une déclaration de culpabilité pour certaines infractions peut retarder ou bloquer la demande.
  • Mesure de renvoi : une ordonnance de renvoi en vigueur peut vous rendre inadmissible.
  • Fraude passée : une fausse déclaration ou une fraude en matière de citoyenneté ou d'immigration peut entraîner une interdiction, voire une révocation.
  • Présence physique : le temps passé à purger une peine ne compte généralement pas dans vos 1 095 jours.
  • La plupart des interdictions sont temporaires : elles s'appliquent pour une durée, puis prennent fin.
  • Le réflexe : déclarer votre situation exacte et vérifier votre cas sur canada.ca.

Qu'est-ce qu'une interdiction, au juste ?

Une interdiction est une disposition légale qui empêche le ministère (IRCC) d'accorder la citoyenneté ou de vous faire prêter le serment tant qu'une certaine situation existe. Ce n'est pas nécessairement un refus définitif : c'est un obstacle rattaché à une circonstance précise, souvent liée au temps. Autrement dit, deux éléments comptent presque toujours ensemble : la nature de l'affaire et le moment où elle s'est produite ou où elle prend fin.

Il faut aussi distinguer deux effets bien différents. Le premier est l'interdiction elle-même, qui vous empêche d'obtenir la citoyenneté pendant une période. Le second, plus discret, touche le calcul de votre présence physique : certaines périodes ne comptent tout simplement pas dans vos jours. Une même affaire peut déclencher les deux effets à la fois, d'où l'importance de bien comprendre chacun avant de déposer.

Les interdictions liées à une peine en cours

La catégorie la plus courante vise les personnes qui purgent une peine. Que vous soyez en prison, en probation ou en liberté conditionnelle, vous êtes généralement considéré comme purgeant une peine, et cela peut créer une interdiction pendant toute cette durée. La logique est simple : la loi attend que vous ayez terminé de répondre de l'affaire devant la justice avant de vous accorder la citoyenneté.

Le point important : cette interdiction n'est pas toujours définitive. Elle s'applique tant que la peine est en cours ; une fois la peine entièrement purgée, l'obstacle lié à cette circonstance disparaît habituellement. C'est pourquoi le moment où vous déposez votre demande peut faire toute la différence. Déposer trop tôt, alors qu'une peine court encore, expose votre demande à un rejet évitable.

Accusation, condamnation : quelle différence ?

Une accusation signifie qu'une procédure est en cours mais qu'aucune culpabilité n'a encore été établie. Même à ce stade, une accusation en instance pour certaines infractions peut constituer une interdiction : le dossier est en suspens tant que le tribunal n'a pas tranché. Cela ne présume rien de l'issue, mais cela peut mettre votre demande en attente.

Une condamnation signifie que la culpabilité a été reconnue. Selon l'infraction et le moment de la déclaration de culpabilité, elle peut entraîner une interdiction pour une période donnée. Certaines infractions commises à l'étranger peuvent aussi compter si elles correspondent à une infraction au Canada. Comme ces équivalences sont techniques, ne présumez pas qu'une affaire ancienne ou étrangère est sans effet : faites-la évaluer.

Mesure de renvoi et fraude passée

Une ordonnance de renvoi en vigueur, c'est-à-dire une mesure vous demandant de quitter le Canada, peut vous rendre inadmissible à la citoyenneté. Ce type de situation touche généralement votre statut de résident permanent lui-même, une condition de base pour présenter une demande. Si votre statut est remis en question, réglez d'abord ce point avant d'envisager la citoyenneté.

La fraude en matière de citoyenneté ou d'immigration constitue une catégorie à part. Avoir fait de fausses déclarations, dissimulé des faits importants ou obtenu un statut par des moyens frauduleux peut entraîner une interdiction pour une période, et dans les cas graves, la révocation d'une citoyenneté déjà accordée. C'est l'une des raisons pour lesquelles la transparence dans le formulaire est aussi importante que l'affaire elle-même.

L'effet sur votre présence physique

Une affaire criminelle a un second effet, plus discret : le temps passé à purger une peine ne compte généralement pas dans vos 1 095 jours de présence physique. Une période de prison, de probation ou de liberté conditionnelle est donc souvent retirée de votre calcul, ce qui peut repousser la date à laquelle vous atteignez le seuil requis. Pour vérifier où vous en êtes, notre calculatrice de résidence fait le compte en quelques secondes, crédit avant la résidence permanente compris.

Si votre parcours comporte une telle période, recalculez soigneusement votre présence effective avant de déposer. Retirez les jours concernés, puis vérifiez que le reste atteint bien le minimum. Notre guide sur le parcours de résident permanent à citoyen explique comment les conditions s'articulent entre elles, et vous pouvez consolider les notions de base en révisant les chapitres par thème.

Les interdictions sont généralement temporaires

Voici le message à retenir : dans la plupart des cas, une interdiction n'est pas la fin du chemin. Elle s'applique pour une durée rattachée à la situation, puis prend fin lorsque celle-ci est réglée. Une peine terminée, une procédure close, une question de statut résolue : chacun de ces dénouements peut rouvrir la porte de l'admissibilité.

Les durées exactes dépendent de la nature de l'affaire et de la loi en vigueur, et elles peuvent changer. Pour cette raison, nous ne citons pas ici de chiffres précis : consultez la page officielle sur l'admissibilité à la citoyenneté et, en cas de doute sérieux, demandez l'avis d'un professionnel du droit de l'immigration pour votre cas précis.

Déclarer sa situation et préparer la suite

La règle la plus sûre est la transparence. Déclarez toujours votre situation exacte dans la demande, y compris une accusation ou une procédure en cours : une omission peut nuire davantage que l'affaire elle-même. Comme les règles sont techniques et évoluent, ne vous fiez pas à un cas entendu ailleurs. Chaque dossier se décide sur ses propres faits.

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Questions fréquentes

Un casier judiciaire empêche-t-il toujours d'obtenir la citoyenneté ?

Pas toujours. Certaines situations créent une interdiction pendant une période donnée, d'autres non. Tout dépend de la nature de l'affaire et du moment où elle s'est produite. Vérifiez votre cas sur canada.ca ou avec un professionnel.

Le temps passé en prison compte-t-il dans la présence physique ?

En général, non. Le temps passé à purger une peine, y compris en prison, en probation ou en liberté conditionnelle, ne compte habituellement pas dans vos 1 095 jours de présence physique.

Dois-je déclarer une accusation en cours ?

Oui. Une accusation ou une procédure en cours peut constituer une interdiction. Déclarez toujours votre situation exacte dans la demande ; une omission peut être plus grave que l'affaire elle-même.

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